Brussels Budget Ministers Clash Over Fiscal Policies and Public Spending
Minister Dirk De Smedt of Anders and Ecolo's Zakia Khattabi clashed during a pre-budget conclave over fiscal measures and public spending. De Smedt criticized Khattabi's proposals as too abstract, while Khattabi argued for a more equitable distribution of resources. The disagreement highlights deepening political tensions over austerity and budgetary priorities.
Where Sources Diverge
De Smedt and Khattabi disagreed on the approach to fiscal policy, with De Smedt favoring concrete, measurable measures and Khattabi advocating for a more equitable distribution of resources.
De Smedt criticized Khattabi's proposals as too abstract, while Khattabi argued for a more equitable distribution of resources.
There is a disagreement over the effectiveness of austerity measures, with Khattabi arguing that they are counterproductive and De Smedt defending them as necessary for fiscal responsibility.
Khattabi criticized the government's austerity measures as counterproductive, while De Smedt defended them as necessary for fiscal responsibility.
The number of public employees and the associated cost reductions were discussed, with De Smedt citing a reduction of 500 ETP since January and Khattabi arguing for a more systematic approach to reducing the workforce.
De Smedt stated that the number of functionaries has decreased by 500 ETP since January, while Khattabi argued for a more systematic approach to reducing the workforce.
Sources
Dirk De Smedt (Anders) face à Zakia Khattabi (Ecolo) : « Je ne demande pas d’efforts à la population » vs. « C’est de l’enfumage ! » Pierre-Yves Thienpont. A trois semaines du conclave budgétaire, Le Soir a réuni le ministre bruxellois du Budget et de la Fonction publique, Dirk De Smedt (Anders), et la cheffe de groupe Ecolo au parlement, Zakia Khattabi, pour préfacer cette échéance majeure pour une Région lourdement déficitaire. Dans un contexte financier compliqué, le gouvernement cherche cette fois à faire passer le déficit régional à environ 720 millions d’euros. Avec deux milliards d’euros de masse salariale, l’administration est un poste majeur du budget bruxellois. Faut-il encore réduire le nombre de fonctionnaires ? Dirk De Smedt En toute honnêteté, je ne pense pas que ce sera un gros sujet au conclave. Quand nous avons rédigé l’accord gouvernemental, le schéma a été défini et calculé. Tout le monde sait à quoi s’en tenir, même si certaines adaptations sont nécessaires. On a en effet hérité d’une situation où pour plein de raisons, le nombre de fonctionnaires avait explosé. On parle de 21.000 équivalents temps plein (ETP) sur le payroll général public. On sait qu’il faut réduire ce nombre dans les années à venir pour respecter notre objectif budgétaire. Mais nos calculs ont bien été faits et les départs naturels suivent donc le rythme prévu. Aujourd’hui, on est environ à une baisse de 500 ETP depuis le 1er janvier. Bien sûr, il y a une gestion dynamique. Quand il y a une vraie nécessité, on ouvre des nouveaux postes ou on procède à des mutations entre services. Prenons l’exemple du non-remplacement chez l’agence Bruxelles-Propreté qui va à l’encontre des ambitions du gouvernement. En revanche, on a créé Atlas avec la fusion de plusieurs administrations transversales. Là, on a plus de marge pour combler les trous auprès d’autres administrations. Combien de fonctionnaires visez-vous en 2029 où cela se fait un peu au hasard ? Et maintiendrez-vous en 2027 le moratoire intégral, y compris sur les fonctions opérationnelles, en vigueur cette année ? D.D. : Oui, il y a un nombre d’ETP implicitement prévu dans les économies de 50 millions d’euros en 2026 et puis de 25 millions d’euros annuellement. Comme le coût moyen annuel d’un fonctionnaire est de 85.000 euros, vous divisez ces chiffres par 85.000 et vous obtenez ce nombre des ETP. Concernant le moratoire intégral, là aussi, tout est déjà négocié. Nous n’avons jamais prévu de le maintenir et c’est même plutôt l’inverse. Madame Khattabi, c’est une vision que vous partagez ? Zakia Khattabi : Moi, je ne défends ni le statu quo budgétaire ni le statu quo administratif, car il y a en effet des choses à faire. Ce que je conteste, c’est la méthode. Et la démonstration qui vient d’être faite me conforte dans cette analyse-là. On sait dans quel contexte le gouvernement a été mis en place. On sait le prix que certains ont mis sur la table pour pouvoir y aller. Ils ont fixé un chiffre d’économie et une date comme deux totems, indépendamment de la réalité. Vous parlez légitimement de réformer l’administration et il y a sans doute une couche qui n’est pas nécessaire. Cependant, avant de prendre des décisions, il faut poser un diagnostic. Ici, on est sur la râpe à fromage où tout le monde doit faire des économies sans mesurer les impacts. J’ai lu votre accord de gouvernement, mais où est votre vision de l’administration à Bruxelles ? Je suis aussi étonné que dans le contexte où vous demandez tant d’efforts, vous créez un commissariat régional aux drogues, alors qu’il y a un commissariat national qui a des missions spécifiques liées aux grandes villes. Et alors, je m’excuse presque tellement c’est trop facile, mais il y a la création clé sur porte d’un poste A5 à l’étranger pour caser le chef cab d’un de vos collègues ministres (NDLR : Cet été, le gouvernement a créé un poste sur mesure à Rabat pour l’ex-chef de cabinet d’Ahmed Laaouej). Quel message envoyez-vous ? Et enfin, il y a un angle mort : le coût futur des économies faites aujourd’hui. C’est un peu le serpent qui se mord la queue. Qu’est-ce que vous entendez par là ? Z.K. : Ici, il n’y a pas d’analyse coût-bénéfice. Tout le monde doit faire des économies et les choix politiques ne sont pas faits. Je peux vous dire que ma boîte mail explose avec des administrations qui me disent qu’ils n’ont participé à aucune analyse et qu’on déforce de manière telle l’administration qu’à un moment donné, on organise son inefficacité. D.D. : S’il y a bien une chose, c’est de l’analyse, du travail préparatoire, des choix. On a développé un modèle qui vise à rendre les services publics durables et qualitatifs pour le citoyen et on a changé cette concurrence implicite entre différentes entités, ce qui engendrait des doublons. Tous les fonctionnaires dirigeants ont travaillé trois ans sur cette réforme (NDLR : le projet Optiris entre 2019 et 2024). Voilà pourquoi cela va si vite. En six mois, on a pu unifier dix administrations dans un premier pilier. Et on va être capable de faire le second dans les mois qui viennent. Où avez-vous vu les grandes oppositions sur cette réforme ? De même que je suis vraiment surpris concernant l’objectif budgétaire. Vous parlez de totem… Z.K. interrompt : Personne n’a demandé la neutralité budgétaire à l’horizon 2029. L’Europe ne demande même pas ça. C’est là où je dis que c’est un peu un totem. D.D. : Ce n’est pas un totem. Je ne rentre pas dans un exercice dans lequel on ferait comme dans le passé, à savoir faire semblant et ne pas trop s’engager. Non, c’étaient mes conditions pour exercer ma fonction. Et ces conditions viennent d’où ? Le hasard fait que j’ai été 20 ans membre du Conseil supérieur des Finances où nous avons travaillé avec l’Europe sur une méthode pour définir les trajectoires budgétaires durables des entités fédérées. Z.K. : Vous êtes à la manœuvre depuis plus longtemps que moi, notamment comme chef de cabinet. Donc, je n’ai pas de leçon à recevoir de vous (NDLR : Jusqu’en 2009, il fut chef de cabinet du ministre bruxellois du Budget, Guy Vanhengel, et patron de l’administration Bruxelles Fiscalité de 2012 à 2025). D.D. : Je n’ai rien à voir avec l’actuelle situation financière. La Région était à l’équilibre quand j’ai arrêté comme chef cab, Ok ? Point. Heureusement que nous avons une perspective d’équilibre. Comment absorberiez-vous sinon le doublement du coût des intérêts depuis le début de cette législature ? On est déjà dans une trajectoire où 10 % de nos recettes servent à payer les déficits. Z.K. : Moi, j’ai la conviction que l’austérité fait mal, mais qu’en plus elle est contre-productive dans son propre objectif. On est en pleine crise autour de la drogue et les assuétudes. Et que fait la Région ? Elle coupe aveuglément dans les financements d’associations de terrain. On doit sortir de la logique du rabot bête et méchant. Il faut assumer politiquement de se dire « Ok, sous cette législature, après l’été qu’on a eu, la priorité à Bruxelles, c’est l’adaptation. » D.D. : Je m’excuse, mais c’est faux. Z.K. : Et quoi, il n’y a pas d’austérité ? Quand tu vois les gens qui ont perdu leur boulot, les associations que vous avez définancées… D.D. : Je m’excuse, mais cela ne va pas de faire un lien entre le budget et les gens qui perdent leur boulot. On n’est pas dans du tout linéaire. Z.K. : Et les économies dans la rénovation ? D.D. : Un excellent exemple. Sur la rénovation, nous avons augmenté la capacité d’investissement. La seule différence, et je comprends la frustration, c’est qu’on a arrêté l’outil que le prédécesseur, Alain Maron (Ecolo) a développé. Z.K. (petit rire) : Il n’y a aucun choix budgétaire fait par les gouvernements précédents que votre parti n’a pas validés. Vous êtes aussi responsable que les autres. D.D. : Oui, mais la différence, c’est que, moi, j’ai l’habitude que quand quelque chose ne fonctionne pas, de prendre mes responsabilités et de changer. Oui, on a arrêté le système des subsides à la rénovation. On a dépensé 257 millions d’euros et quelles communes bruxelloises en ont profité ? Ne venez pas me dire que c’était une mesure sociale pour augmenter la capacité de rénovation de ceux qui n’en avaient pas les moyens. Ce serait faux. Deuxièmement, (NDLR : Khattabi cherche à parler et il monte le ton), c’était extrêmement mal géré. Oui, on change le système avec 66 millions d’euros réellement investis. Z.K. : Je vois qu’il se fâche. D.D. : Non, je ne me fâche pas. Je veux uniquement être dans la réalité. Z.K. : Franchement, Monsieur « La rigueur », vous n’êtes même pas capable de donner l’exemple pour tout ce que vous préconisez pour les autres. En dépit de la diète dans l’administration, vous créez un poste A5 pour recaser un chef-cab. Vous faites un marché public de 800.000 euros avec, selon la presse, la consultante la mieux payée du pays et 1.200 euros par jour. D.D. : Alors c’est peut-être un beau titre de presse, mais vous savez que c’est faux. Quand on est face au défi d’un déficit de 1,6 milliard sur un budget de 6,5 (8 milliards si on compte l’ensemble des dépenses, NDLR), j’estime ces petits exemples extrêmement populistes. Z.K. : Il y a un contre-exemple qui vous concerne pour chacune des règles d’austérité que vous imposez. D.D. (il s’énerve) : L’administration hub.Brussels a fait une analyse des pays les plus importants en termes de développement et d’intérêt bruxellois. Parmi ceux-là, il y avait le Maroc. Vous savez qu’il y a une visite économique l’année prochaine ? J’ai des problèmes quand les gens tirent des conclusions sans savoir de quoi ils parlent. Moi, je ne demande pas d’efforts à la population. Je m’excuse, mais c’est plutôt l’inverse. On diminue les taxes sur la population et j’en suis fier. Z.K. : C’est de l’enfumage. D.D. : Non, ce n’est pas un enfumage, 1 % de réduction de l’IPP et le doublement de la prime Be Home, c’est du réel. Là où on fait des économies, c’est dans l’appareil, pas sur le dos des personnes. Z.K. : Ça, c’est la pensée magique. Ça ne marche pas de vouloir faire rentrer un carré dans un cercle. Le ministre du Budget et de la Fonction publique, Dirk De Smedt (Anders), à Bruxelles défend sa vision et ses économies face à la cheffe de file Ecolo au parlement bruxellois, Zakia Khattabi qui critique la méthode. Par Julien Thomas, Stéphane Vandevelde Le 14/09/2026 à 19:33
Dirk De Smedt (Anders) face à Zakia Khattabi (Ecolo) : « Votre discours reste très conceptuel » vs. « Taxer la publicité, c’est très concret ». Pierre-Yves Thienpont. A trois semaines du conclave budgétaire, « Le Soir » a réuni le ministre bruxellois du Budget et de la Fonction publique, Dirk De Smedt (Anders) et la cheffe de groupe Ecolo au parlement, Zakia Khattabi. Ceux-ci ne s’accordent ni sur leurs propositions de recettes ni sur l’ampleur de la trajectoire à respecter. Quelle est la trajectoire idéale pour Ecolo ? Zakia Khattabi : On cherche les recettes dans le budget actuel. Il y a des espaces de recettes à aller chercher en partant du rôle de Bruxelles et des externalités positives qu’elle offre aux autres régions. Premier exemple : on a négocié la vignette automobile sur le dos de Bruxelles. Il y a eu une négociation sur le forfait dû aux leasings. Et selon moi, Bruxelles n’a pas eu sa juste part. Mais il y a des recettes aussi sur l’usage de l’espace public par les publicitaires. Ou en termes de tourisme. Dirk De Smedt : J’entends ici un discours très conceptuel. On doit être attentif à avoir un discours très concret. Z.K. : Taxer la publicité, c’est très concret. D.D. : Dans l’économie, il y a une notion, toute autre chose restant égale, qui signifie qu’un budget doit toujours être raisonné en relatif, pas en absolu. Vous dites que dans le cadre de la vignette automobile, Bruxelles n’a pas eu sa juste part. Ok. Mais quelle est sa juste part ? Donnez-moi un chiffre. Est-ce que c’est 5 % du montant ? 10 % ? 25 % ? On a conclu l’accord sur 30 millions d’euros. Et selon vous, on aurait dû conclure à combien ? Autre exemple : la publicité dans la rue. Ce secteur prend des baffes et les recettes régionales sont marginales pour la Région car nous avons décidé de laisser cette recette aux communes. Les augmenter, ce serait s’en prendre à un secteur en crise et cela aurait pour conséquence de priver les communes de recettes. Z.K. : Si, à chaque fois qu’on met une proposition sur la table, vous estimez que ce n’est pas économiquement viable… D.D. : Parce que vous estimez que cela l’est Z.K. : Bien sûr. D.D. : Je prends un autre exemple. La concession vélo. Là, j’ai estimé que cela avait une valeur économique et j’ai donc négocié pour obtenir 5 millions d’euros. Mais cela reste anecdotique sur un déficit d’1 milliard d’euros. Vous pensez que je suis un mauvais négociateur, mais je vous garantis que quand j’obtiens 5 millions d’euros, personne d’autre ne va obtenir 50 millions. La Cour des comptes a pointé le flou de vos recettes… D.D. : Vous avez vu ma réaction en commission ? J’ai ri. Z.K. : Comme avec l’opposition. Il rit. Je suis contente de ne pas être la seule à être débile. D.D. : C’était la remarque la moins crédible depuis 20 ans que je suis dans les finances publiques. C’est la première fois qu’un nouveau gouvernement dépose en annexe de son accord gouvernemental un tableau détaillé de toute notre action budgétaire. Je peux entendre que la Cour des comptes n’estime pas ce tableau suffisant mais permettez-moi d’être surpris de voir ce commentaire quand on a fait un travail inédit en 30 ans. Z.K. (elle souffle) : Il est génial. J’adore quand il est comme cela. D.D. : Quand une nouvelle équipe se met en place, il y a inévitablement un nombre de débats à encore avoir. Et quand l’inspection des finances remet un avis défavorable sur votre projet de diminution de l’IPP, vous le comprenez ? D.D. : Bien sûr. C’est leur rôle. Mais leur appréciation est trop pessimiste par rapport au travail déjà effectué. Je suis d’accord pour nuancer certaines choses. Mais à moi de montrer le leadership politique nécessaire pour avancer. Z.K. : C’est une mesure positive pour les Bruxellois, mais dans le contexte budgétaire actuel, où on nous dit que c’est l’enfer, qu’il faut faire des économies, je trouve qu’on aurait pu le faire pour les gens qui en ont besoin. La question budgétaire est telle que je ne suis pas certaine qu’il faut des politiques égalitaristes. Il faut des politiques d’équité, et donc cibler les moyens pour ceux qui en ont le plus besoin. D.D. : Si au moins, le déficit avait été créé à cause d’investissements massifs, je serais content. Mais ce n’est pas ce qui a été fait. Ils ont désinvesti (NDLR : Anders faisait partie du dernier gouvernement). C’est la raison pour laquelle nos tunnels s’effondrent et les routes sont en mauvais état. La Stib a vu ses effectifs augmenter en cinq ans de 3.500 ETP et malgré cela, les bus déplacent moins de gens. C’est quand même légitime de leur demander s’ils pensent avoir fait du bon travail. Ils ont diminué le service public. C’est du gaspillage. Alors je suis là pour dire qu’il faut arrêter. Et pour Ecolo, quelles sont vos pistes d’économies ? Z.K. : Il y a d’abord une logique de priorisation. Pour nous, la question de l’adaptation est fondamentale. Je choisirais d’investir là plutôt qu’ailleurs. Pour le reste, il y a des choix faits par rapport à Kanal ou Neo qui sont des dépenses qu’aujourd’hui, on ne peut plus se permettre. En 2014, lorsque je négociais l’accord de gouvernement, on parlait déjà de Neo. Douze ans plus tard, le dossier n’a pas avancé et les engagements de la Ville n’existent plus. Et pour les économies, je pense qu’il y en a à faire dans la fonction publique. Mais avec une autre méthode. Et l’exercice de rationalisation qu’on demanderait à l’administration, je le demanderais aussi aux communes, que ce soit pour les marchés publics, pour la création d’une centrale d’achat. Les choix budgétaires à venir sont au coeur de l’opposition entre le ministre des Finances bruxellois Dirk De Smedt (Anders), et la cheffe de file Ecolo, Zakia Khattabi. Par Julien Thomas et Stéphane Vande Velde Le 14/09/2026 à 19:33