Luxe Mode Sector Experiences Rapid Director Artist Turnover
In October 2026, major luxury fashion houses experienced a wave of artistic director departures and appointments, including Anthony Vaccarello leaving Saint Laurent after 10 years and Jonathan Anderson joining Dior. The sector faces a 'mercato' of frequent director changes, with some brands losing significant consumer bases.
Where Sources Diverge
The exact date of Matthieu Blazy's first collection for Chanel is reported as October 2025 by one source, while another source does not specify the exact month.
October 2025
The exact number of consumers lost by the luxury sector is reported as 50 million compared to 20 million in 2026 by one source, while another source does not specify the exact number.
50 million compared to 20 million in 2026
The exact date of Dario Vitale's departure from Alaïa is reported as September 2026 by one source, while another source does not specify the exact month.
September 2026
The exact date of Chemena Kamali's rumored appointment as artistic director at Saint Laurent is not specified by any source.
Rumored to be the next artistic director
Sources
Pourquoi les grandes maisons de luxe multiplient-elles les changements de directeurs artistiques ? Après 14 ans chez Balmain, le styliste français Olivier Rousteing a rejoint Rabanne cette année. - Photo News Au cœur de la nuit parisienne, un ballet de mannequins défile sur la place du Trocadéro, au pied de la Tour Eiffel, en cette fin du mois de septembre. La plupart d’entre eux portent de sublimes tenues dorées, du trench cintré à la veste saharienne, en passant par la jupe midi. La scène est digne de ce qu’on attend d’un défilé de la Fashion Week, mais il fallait un événement à la hauteur de ce qui était célébré. Après dix années passées à la tête de la direction artistique de Saint Laurent, le créateur belge Anthony Vaccarello a fait ses adieux à la maison française. Il le sous-entendait subtilement dans la note d’intention du défilé : « Ce qui s’en va laisse parfois plus de lumière que ce qui demeure ». Son départ a été confirmé quelques jours plus tard dans un communiqué par les dirigeants de Saint Laurent. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la remplaçante ou le remplaçant d’Anthony Vaccarello n’est pas connu. Les rumeurs avancent l’arrivée de Chemena Kamali, directrice artistique de Chloé depuis 2023. À lire aussi Pourquoi les mannequins seniors sont les nouvelles stars de la mode La valse des créateurs Le départ du styliste bruxellois vient s’ajouter à d’autres. Depuis 2024, le monde de la mode est confronté à un véritable mercato. Olivier Rousteing a quitté Balmain après 14 ans de bons et loyaux services pour rejoindre Rabanne. Jonathan Anderson et Matthieu Blazy sont respectivement arrivés chez Dior et Chanel. Le premier dirigeait auparavant la création de Loewe, tandis que le second était à la tête de celle de Bottega Veneta. En février dernier, on apprenait l’arrivée de l’Ostendais Pieter Mulier chez Versace après cinq belles et prolifiques années chez Alaïa. Il a succédé à Dario Vitale qui n’est resté que huit mois à ce poste. Ce dernier a rejoint Armani en septembre 2026. Jonathan Anderson, ancien directeur artistique de Loewe, désormais homme fort de Dior. - Photo News Difficile de se retrouver dans ce jeu de chaises musicales. D’autant plus que cette situation est inédite comme nous l’explique Angy Geerts, professeur en marketing à l’Université de Mons. « Nous n’avons pas été habitués à ce mercato, car des icônes ont longtemps occupé le poste de directeur artistique, à commencer par Karl Lagerfeld (ndlr : il est resté 36 ans chez Chanel). On a d’ailleurs longtemps redouté son départ et son décès. Cela semblait impossible de lui succéder ». Virginie Viard a endossé ce rôle pendant cinq ans, avant que Matthieu Blazy ne soit nommé à ce poste en décembre 2024. Le styliste, formé à La Cambre à Bruxelles, a eu le temps de (...). L’article est à lire dans son intégralité en cliquant ici (ou sur lesoir.be) et dans votre So Soir spécial luxe à demander à votre libraire ce samedi 31 octobre. Le mercato s’emballe dans la mode. Entre départs et nominations, les directeurs artistiques se succèdent à la tête des grandes maisons du luxe, sommés de renouveler leur image et de séduire de nouvelles clientèles. Mais à force d’accélérer, le secteur ne risque-t-il pas de perdre ce qui fait son identité ? Par Audrey Morard Le 31/10/2026 à 05:30
Pourquoi les grandes maisons de luxe multiplient-elles les changements de directeurs artistiques ? Anthony Vaccarello, et ses adieux en or chez Saint-Laurent, Olivier Rousteing, fraîchement arrivé chez Rabanne, ou Jonathan Anderson, nouvel homme fort de Dior, animent le mercato de la mode. - Photo News. Au cœur de la nuit parisienne, un ballet de mannequins défile sur la place du Trocadéro, au pied de la Tour Eiffel, en cette fin du mois de septembre. La plupart d’entre eux portent de sublimes tenues dorées, du trench cintré à la veste saharienne, en passant par la jupe midi. La scène est digne de ce qu’on attend d’un défilé de la Fashion Week, mais il fallait un événement à la hauteur de ce qui était célébré. Après quatorze ans chez Balmain, le styliste français Olivier Rousteing a rejoint Rabanne cette année. - Photo News. Après dix années passées à la tête de la direction artistique de Saint Laurent, le créateur belge Anthony Vaccarello a fait ses adieux à la maison française. Il le sous-entendait subtilement dans la note d’intention du défilé : « Ce qui s’en va laisse parfois plus de lumière que ce qui demeure. » Son départ a été confirmé quelques jours plus tard dans un communiqué par les dirigeants de Saint Laurent. A l’heure où nous écrivons ces lignes, la remplaçante ou le remplaçant d’Anthony Vaccarello n’est pas connu. Les rumeurs avancent l’arrivée de Chemena Kamali, directrice artistique de Chloé depuis 2023. Des adieux en or, au sens propre comme au figuré, pour le dernier défilé Saint Laurent d’Anthony Vaccarello. - Photo News. La valse des créateurs Le départ du styliste bruxellois vient s’ajouter à d’autres. Depuis 2024, le monde de la mode est confronté à un véritable mercato. Olivier Rousteing a quitté Balmain après quatorze ans de bons et loyaux services pour rejoindre Rabanne. Jonathan Anderson et Matthieu Blazy sont respectivement arrivés chez Dior et Chanel. Le premier dirigeait auparavant la création de Loewe, tandis que le second était à la tête de celle de Bottega Veneta. En février dernier, on apprenait l’arrivée de l’Ostendais Pieter Mulier chez Versace après cinq belles et prolifiques années chez Alaïa. Il a succédé à Dario Vitale qui n’est resté que huit mois à ce poste. Ce dernier a rejoint Armani en septembre 2026. Jonathan Anderson, ancien directeur artistique de Loewe, désormais homme fort de Dior. - Photo News. Difficile de se retrouver dans ce jeu de chaises musicales. D’autant plus que cette situation est inédite comme nous l’explique Angy Geerts, professeur en marketing à l’Université de Mons. « Nous n’avons pas été habitués à ce mercato, car des icônes ont longtemps occupé le poste de directeur artistique, à commencer par Karl Lagerfeld (il est resté 36 ans chez Chanel, NDLR). On a d’ailleurs longtemps redouté son départ et son décès. Cela semblait impossible de lui succéder. » Virginie Viard a endossé ce rôle pendant cinq ans, avant que Matthieu Blazy ne soit nommé à ce poste en décembre 2024. Le styliste, formé à La Cambre à Bruxelles, a eu le temps de travailler sur ses créations puisque son premier défilé a eu lieu en octobre 2025 lors de la Fashion Week de Paris. Les critiques avaient été dithyrambiques pour cette grande première. Nous n’avons pas été habitués à ce mercato, car des icônes ont longtemps occupé le poste de directeur artistique, à commencer par Karl Lagerfeld. Le monde de la mode redoutait son décès ou son départ Angy Geerts, Professeure en marketing à l’Université de Mons Un secteur en difficulté Cette logique de laisser du temps aux créateurs n’est cependant pas appliquée par toutes les maisons, notamment celles possédées par de grands groupes. « Quand on regarde Dior, qui est détenu par LVMH, ou Gucci, qui est entre les mains de Kering, on s’aperçoit qu’il n’y a pas la même perspective dans le rapport au temps. La pression y est plus forte, ce qui peut expliquer les changements à la tête de la direction artistique. Cette pression est d’autant plus forte lorsque la marque n’est pas en grande forme… » S’ajoutent à cela les difficultés que rencontre le luxe. Le secteur a perdu 50 millions de consommateurs l’année dernière contre 20 millions en 2026. « Une donnée qui peut inquiéter les marques », glisse Angy Geerts. La période post-covid a également laissé des traces et contribué à la crise du secteur. D’où la nécessité de se réinventer, parfois en changeant de directeur artistique. La professeure en marketing ajoute qu’il y a aussi une volonté de ne pas se laisser dépasser par les tendances. « La génération Z est un vrai driver de consommation du luxe. Dans ce cadre-là, on sait aussi qu’elle n’a pas les mêmes attentes que les générations précédentes. On cherche donc des créateurs capables de renouveler les collections, sans forcément dénaturer l’identité de la marque. » Donne-moi le temps Avec de tels changements, les créateurs de mode ne sont-ils pas condamnés à tout de suite réussir ? « Je lisais récemment un article expliquant que Chanel avait eu raison de laisser du temps à Matthieu Blazy afin de lui permettre de s’installer, sans nécessairement lui fixer un objectif. Depuis un an, son ADN commence à infuser, sans pour autant dénoter avec l’univers Chanel. Une forme de fusion doit s’opérer entre la marque et le créateur. Là encore, cela demande de la patience. Mais une question se pose : donne-t-on suffisamment de temps aux créateurs pour prendre leurs marques dans leurs nouvelles fonctions ? » Nommé en décembre 2024 chez Chanel, Matthieu Blazy a eu le temps d’imaginer sa première collection pour la célèbre maison française. - Photo News. Une autre question se pose : va-t-on voir des directeurs artistiques rester pendant 25 ou 30 ans dans la même maison ? Pour l’experte, cela est possible. « Cette recette a marché par le passé, mais tout est une logique de gestion et de management à l’intérieur de la marque. J’avoue avoir un peu plus de doutes quand il s’agit de célébrités propulsés aux postes de designer des collections. » En février 2023, Pharrell Williams était nommé à la surprise générale à la tête des collections hommes chez Louis Vuitton à la suite du décès de Virgil Abloh. L’artiste est surtout connu pour ses activités de producteur et ses chansons en solo ou avec son groupe N.E.R.D. En septembre 2025, Jaden Smith décrochait le même poste chez Christian Louboutin. Ce choix avait provoqué de nombreuses critiques, Jaden Smith n’ayant ni de qualification, ni de diplôme dans la mode ou le design. On cherche aujourd’hui des créateurs capables de renouveler les collections, sans forcément dénaturer l’identité de la marque Angy Geerts, Professeure en marketing à l’Université de Mons Buzz et storytelling Ces désignations suscitent donc le buzz et un brouhaha médiatique. Mais c’est aussi ce qui est recherché en 2026. Les changements de directeur artistique d’une maison nourrissent ainsi un storytelling et permettent de raconter une histoire au public. « C’est une donnée qui s’inscrit très très bien dans le marketing du luxe. Cela rappelle à chacun l’existence de la marque et suscite aussi une attente. Alors que nous n’aurions pas été attentifs aux sorties et aux défilés de la Fashion Week, nous allons finalement les observer de près car la première collection du nouveau directeur artistique sera présentée. Il y aura aussi un regain de la presse spécialisée et peut-être même du consommateur. Mais si ce storytelling se répète un peu trop souvent, il y a un risque de saturation et aussi d’une perte d’ADN. Le consommateur pourrait être submergé par ce type d’informations, au lieu de pouvoir suivre une belle histoire. Il y a le risque de perdre le client de base, le plus fidèle. Il faut vraiment observer la direction que veut prendre la marque, si c’est un renouvellement, une envie de toucher une nouvelle clientèle, une perpétuation… » Le mercato de la mode reflète une tendance de fond, dans le secteur du luxe comme dans la société en général : tout va de plus en plus vite. Mais pour Angy Geerts, les choses pourraient bien s’inverser. « On est en ce moment dans une course effrénée, mais la situation n’est pas bonne. Le marché et les nouvelles du secteur ne sont pas enthousiasmants. Mais les dernières études montrent qu’on se recentre sur le produit, notamment les consommateurs les plus nantis. Dans les faits, cela veut dire une recherche de qualité et de temps de fabrication, comme peut le faire Hermès avec son célèbre sac Birkin. Puisque les marques ne s’adresseront plus nécessairement à des consommateurs “aspirationnels”, mais davantage à des clients fidèles et plus exigeants, le secteur du luxe devra ralentir pour répondre à leurs attentes. » Reste donc à trouver le juste milieu pour les maisons de luxe, avec un exercice d’équilibriste : se renouveler suffisamment pour continuer à séduire, sans changer de cap avant même que leur nouvelle identité ait eu le temps de s’imposer. Le mercato s’emballe dans la mode. Entre départs et nominations, les directeurs artistiques se succèdent à la tête des grandes maisons du luxe, sommés de renouveler leur image et de séduire de nouvelles clientèles. Mais à force d’accélérer, le secteur ne risque-t-il pas de perdre ce qui fait son identité ? Par Audrey Morard Le 30/10/2026 à 16:17